DÉCONFINEMENT – COVID-19 ET POLLUTION DE L’AIR

Publication proposée par K. VIKOV (géophysicien, et… Acserbois !) La publication date du 08/05/2020 et la mise à jour du 15/05/2020

Deux mois sans gaz d’échappement et dans un silence apaisant. Un ciel bleu, des chants d’oiseaux, des parfums de fleurs… On en oublierait presque le Coronavirus !

Pour autant, en plein confinement, les mesures de qualité de l’air d’AIRPARIF ont montré des épisodes de pollution en PM10* et PM2,5*, habituellement attribués au trafic automobile. En plein confinement ?! Ce sont apparemment des épisodes de pollution interrégionale (voir les cartes).

Depuis le début du confinement, décrété en France le 17 mars, pas moins de huit pics de pollution aux particules ont été signalés dans les Hauts-de-France par l’observatoire de la qualité de l’air régional ATMO. Le dernier pic de pollution aux particules date du 24 avril, après trois jours consécutifs d’une mauvaise qualité de l’air. (Voir article 1)

Les experts d’AIRPARIF ont mis en cause l’épandage et la météorologie. Le dépassement des normes européennes de qualité de l’air en France est très fréquent (Bilans AIRPARIF).

Imagine-t-on l’effet cumulé de ces pollutions saisonnières avec la pollution permanente du trafic automobile à proximité des grands axes routiers ? C’est le cas à Pontchartrain. Il ne s’agit plus seulement de qualité de vie, mais bien davantage de problème de santé et d’une espérance de vie en baisse.

La carte concernant la pollution pH2SO4 du 11/05/2020, juste à la veille de déconfinement est celle du jour où une odeur d’œufs pourris a été ressentie à Paris en soirée. Cela a fait un buzz sur les réseaux sociaux et dans la presse. La Préfecture de Paris a annoncé qu’elle n’avait pas trouvé d’explication ! On a senti cette odeur à Pontchartrain vers 23h le 10/05/2020. C’était donc régional. On sait que la pollution par l’oxyde de soufre de l’atmosphère peut provoquer des affections respiratoires (bronchites, etc.) et les pH2SO4 qui se forment ensuite sont à l’origine des pluies acides. Ce sont des conditions idéales pour cataliser la formation de particules fines…

On a vécu 2 mois sous la menace d’une pandémie. Il est clair que désormais ces pandémies feront partie de notre quotidien. Des chercheurs italiens et français ont montré une causalité directe entre la pollution de l’air et la propagation de l’épidémie COVID-19 (voir article 2).

1) Il n’y a pas eu d’amélioration visible sur le front des particules : https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/02/dans-les-hauts-de-france-des-episodes-de-pollution-malgre-le-confinement_6038458_3244.html

2) Lien possible entre les niveaux de particules fines et la propagation de l’épidémie : https://auto.bfmtv.com/actualite/une-etude-italienne-faisant-le-lien-entre-pollution-aux-particules-fines-et-propagation-du-coronavirus-pose-question-1880731.html


* PM10 de l'anglais "Particulate Matter". Ces particules sont classées en fonction de leur "diamètre aérodynamique". PM10 = inférieur 1 millième de millimètre. Le diamètre des particules fines PM2.5 et PM1 sont inférieurs respectivement à 2.5 et à 1 µm.

La carte en haut à gauche est celle du schéma gouvernemental de déconfinement du 02/05/2020, annoté le 08/05/2020 par Kalin Vikov.

Les 3 autres cartes proviennent du site AIRPARIF domaine interrégional - Carte pH2SO4 ; Odeur d’oxyde de soufre, Paris, catalyse de la formation des particules fines (AIRPARIF fait partie de la plateforme interrégionale ESMERALDA. Un ensemble de 6 Associations Agrées de Surveillance de Qualité de l’Air (AASQAs) financé par 6 régions de France.)

http://www.esmeralda-web.fr/?rubrique=esmeralda&article=index


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