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L'artificialisation des sols à Pontchartrain entre 1962 et 2023

La construction de nouveaux logements

C'est la principale cause de l’artificialisation des sols. Par voie de conséquence, c’est aussi l’une des premières causes de l’érosion de la biodiversité et du changement climatique.

La transformation d’un sol naturel, agricole ou forestier, par des opérations d’aménagement entraîne généralement l'imperméabilisation partielle ou totale des surfaces, afin de les affecter à l'habitat ou à des fonctions urbaines ou de transport (activités, commerces, infrastructures, équipements publics…). Dans nos communes de deuxième couronne d'Ile de France c'est surtout le logement qui induit cette artificialisation.






Selon l'INSEE (tableau ci-dessus), en 1968, on recensait 958 logements à Pontchartrain contre plus de 2400 en 2019; et selon PAP (Particuliers à Particuliers) on compte plus de 3200 logements aujourd’hui, en 2023.





Les trois tableaux ci dessous concernent Pontchartrain.

Ils sont issus d’un site gouvernemental évoquant l’artificialisation des sols sur la période 2009/2021. Sur le premier tableau la légende de couleur marron foncé nous indique la consommation d’espaces naturels maximum enregistrés par les communes françaises, soit plus de 200 000 m2, Pontchartrain en fait parti avec 200 950 m2 consommés. C’est aussi le cas d’un grand nombre de communes d’Ile de France.

Le deuxième tableau, issu de la même source, est encore plus parlant. La consommation d’espaces naturels est visualisée par des couleurs allant du rose pale au rouge foncé. Les pourcentages de progression vont de 0,05% à 0,6% d’espaces artificialisés. Le rouge foncé est réservé aux communes ayant dépassé les 0,6%. Pontchartrain appartient à cette catégorie.

Le troisième tableau retrace les variations des emplois offerts. Là, les chiffres stagnent. A un niveau national, cette répartition entre consommation d’espaces à destination de l’habitat et de l’activité pose aussi question.

Pontchartrain fait parti des communes dépassant les 0,6% d'artificialisation des sols puisque l’observatoire gouvernemental indique que cette consommation atteint dans notre commune les 2,05% sur la période 2009 / 2021.


L’étalement urbain et l’artificialisation des sols augmentent même dans les territoires où la population et les emplois n’augmentent pas. En France, entre 20 000 et 30 000 hectares sont artificialisés chaque année. Cette artificialisation augmente presque 4 fois plus vite que la population! Une explication possible : Le « desserrement de ménages » (le nombre d’habitants par logement). En France, la taille des ménages baisse; elle était en 1968, en moyenne, de 3,08 habitants par résidence principale. Aujourd'hui on ne compte plus que 2,19 habitants par logements.

Globalement la consommation d’espaces se fait principalement autour du littoral, notamment de la côte l’Atlantique et du pourtour méditerranéen, et dans les banlieues des grandes agglomérations.


De quoi s'étonner!

Lorsque nous nous sommes intéressé à l'artificialisation des sols, nous avons sollicité google. Quelle ne fut pas notre surprise en consultant des sites officiels, de trouver des chiffres pouvant aller de 20 000 hectares artificialisés par an... à 57 600!



En prenant les chiffres les plus bas, cette augmentation de 20 000 hectares par an représente tout de même 200 000 000 m2, soit une consommation par habitant de 3 m2 chaque année! Si l'on fait le calcul des m2 dévorés chaque seconde par l'artificialisation, on trouve un nombre tout aussi alarmant : plus de 6 m2 quasiment imperméabilisés par seconde en France!

Sur le site Planetoscope.com nous avons trouvé ce petit widget particulièrement frappant. Il se réfère quant à lui, au chiffre maximum trouvé, soit 57 000 hectares par an et fait défiler le nombre de m2 artificialisés par seconde en France.

Il faut rappeler que certains de ces chiffres ne prennent en compte la consommation d’espaces que sur le territoire cadastré... ils minimisent donc cette artificialisation dû aux infrastructures (création de routes, d’échangeurs et de ronds-points par exemple. Autre explication quant à cette cette divergence : Les espaces verts créés de toute pièce (dans le cadre d’un programme immobilier pris sur une zone naturelle) peuvent être considérés comme artificialisés… on comprend bien qu’au niveau de la biodiversité, un carré de pelouse créé au milieu de 4 barres d’immeubles ne garantit pas vraiment le respect de la biodiversité ! Il faudrait aussi bien regarder si l'on parle de la France métropolitaine, ou de la France outremer... Reste que 20 000 ou 57 000 hectares, c'est vraiment beaucoup. C'est trop!


L'artificialisation des sols, c'est :

  • Une perte de biodiversité : elle fait disparaitre l’habitat des espèces animales et végétales.

  • Un risque de échauffement climatique accru : un sol artificialisé n’absorbe plus le CO2

  • Des risques d'inondations amplifiés : un sol imperméabilisé n’absorbe plus d’eau de pluie.

  • Une réduction de la capacité nourricière de notre territoire : l’artificialisation limite la production agricole.

  • Un accroissement des dépenses liées aux réseaux : un terrain artificialisé exige d’importants aménagements, des routes, l'électricité, un assainissement, etc.

  • Une amplification de la fracture territoriale : La construction en périphérie des grandes métropoles crée des problèmes de transport, relègue une partie des habitants à l’écart des commerces, des équipements collectifs, des emplois...

Des solutions…

Pour limiter l'artificialisation des sols, il est important de privilégier la réhabilitation de bâtiments existants. A Pontchartrain la densification urbaine peut se concevoir par la transformation de grands logements (souvent des maisons individuelles) en plus petites unités, accompagnant en cela la réduction de 3,15 personnes par ménage en 1968 à 2,55 en 2019 (sources INSEE). Par ailleurs en France, la part des ménages d'une seule personne représentait 20 % dans les années 1960, elle atteint désormais 37 %.

La mise en place de normes environnementales strictes pour la construction et l'utilisation d'énergies renouvelables dans les bâtiments sont indispensables. Une protection sans faille des espaces naturels existants, des zones agricoles et des zones humides en évitant toute destruction ou fragmentation de ces zones est aussi vital.

Oui, mais… !

A coup sûr une politique ambitieuse est nécessaire. Mais des contradictions apparaitront ! Un seul exemple : Pour limiter l’empreinte au sol des bâtiments, ne doit-on par envisager de pouvoir rehausser le bâti existant ? Ah ! Euh… ? Et le caractère rural de notre commune ? Et la protection de notre patrimoine, de la perspective Le Nôtre…?

Une densification urbaine en centre ville ? Avec les trottoirs étroits, voir inexistants, que nous avons ? Avec une circulation déjà problématique autour du centre-bourg et de la rue Saint Louis ?

D’autre part la loi SRU impose aux communes un taux de 20 % ou 25 % de logements sociaux. Les élus locaux des communes sous ce seuil craignent donc de voir le préfet prendre la main et accorder à la pelle les permis de construire. Ils veulent donc anticiper et construire pour atteindre les 20% ou 25% de logements sociaux.


En dernier lieu rappelons que l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN), n’est qu’un objectif et qu’il ne vise à atteindre ce Zéro Artificialisation Nette qu’en … 2050. Il faut aussi savoir que les sénateurs, poussés par des intercommunalités, des communes et des départements ayant plus l’œil fixé sur les indices d'activité économique que sur les prévisions alarmantes du GIEC, cherchent à ce que ne soient pas comptabilisées les surfaces artificialisés destinées aux grands projets : Nos sénateurs proposent une loi dont l’article 4 est ainsi rédigé : « l’artificialisation des sols ou la consommation d’espaces naturels, agricoles ou forestiers, résultant de projets de construction, d’aménagement, d’infrastructures ou d’équipements d’ampleur nationale ou européenne et qui présentent un intérêt général majeur, n’est pas comptabilisée pour évaluer l’atteinte des objectifs de réduction du rythme de l’artificialisation ou de la consommation d’espaces prévus au présent article et intégrés aux documents de planification ».

On croit rêver...

Bref, de nombreux défis nous attendent. Il faudra les relever, la situation l’exige.

Le désir d’écologie n’est pas un long fleuve tranquille.


Sources : La Photographie aérienne de Pontchartrain en 1962 nous a été aimablement fourni par Gérard Sénezergues.

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