Il a survécu à 30 étés. Pas à celui-ci.
🌿 Ce printemps, notre rhododendron était magnifique. Ses fleurs illuminaient le jardin, comme chaque année depuis trois décennies.

À la fin de l'été, les feuilles s'étaient enroulées sur elles-mêmes. Le vert avait viré au brun. Il est mort.

Un arbuste planté il y a 30 ans, installé, résistant, a été emporté par une seule sécheresse, qui ne pourra peut-être plus être qualifiée d’exceptionnelle dès l’année prochaine. Trente ans d'enracinement n'ont pas suffi face à un seul été.
Alors, fallait-il l'arroser malgré les restrictions d'eau ? Sauver un massif pendant que tout brule autour de nous, que les cultures et les réserves s'épuisent ? C'est là que nos contradictions nous rattrapent : nous voulons des jardins verts dans un monde qui chauffe. Ici, c’était notre rhododendron que nous aurions aimé sauver, mon voisin, c’est son camélia auquel il tient particulièrement, ma mère, c’est un althéa offert à une fête des mères…
Ce rhododendron, ce camélia ou cet althéa, ce sont nos forêts qui dépérissent, nos rivières à sec, nos sols qui se fissurent, notre environnement qui souffre. Il nous dit une chose simple : le dérèglement climatique n'est plus une projection pour 2050. Il est dans nos jardins, maintenant.
Faire bouger le politique
Face à cela, les réponses ne peuvent pas venir uniquement d'en haut. Elles doivent aussi monter de la base : chacun de nous, chaque commune, chaque association peut agir et obliger nos élus à regarder la réalité en face. L'ACSERB est de ceux-là.
Du jardin de chacun aux choix de tous
Ce constat, chacun de nous le fait à sa porte. Mais nos arbustes ne meurent pas seulement de la sécheresse : ils meurent aussi d'un monde bâti sans anticipation, des sols artificialisés qui n'absorbent plus l'eau, des cœurs de bourg surchauffés, des logements devenus invivables dès le premier été chaud. Ce qui se joue dans nos jardins se joue aussi, en plus grave, dans nos communes. C'est pourquoi les réponses ne peuvent pas venir uniquement d'en haut : elles doivent aussi monter de la base. Chacun de nous, chaque commune, chaque association peut agir et pousser nos élus à regarder la réalité en face.

C'est dans cet esprit qu'en juin, nous avions publié sur Facebook un article intitulé « Supplique à nos élus ». Nous vous en livrons ci-après une version revisitée, actualisée par cet été qui vient de nous rappeler que le sujet n'attend plus.
Supplique à nos élus : face aux evènnements extrêmes, protégeons l'avenir
Le dérèglement climatique n'est plus une lointaine perspective scientifique : les vagues de chaleur extrêmes, toujours plus fréquentes et intenses, frappent déjà nos sols, notre biodiversité et nos corps. Pour une commune rurale comme la nôtre, l'été devient un calvaire physique pour une part croissante de la population, notamment dans les logements modestes, dépourvus de climatisation, qui risquent de se transformer en véritables bouilloires thermiques. Cette souffrance est intolérable lorsqu'elle découle de choix architecturaux inadaptés ou d'économies de court terme sur la durabilité.
L'étau SRU / ZAN : une injonction contradictoire
Nous mesurons la difficulté de l'exercice : la loi SRU impose à la commune des obligations de production de logements sociaux, tandis que la loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) restreint sévèrement la consommation d'espaces. Chaque permis individuel accordé dans nos hameaux (La Dauberie, Les Mousseaux, Ergal…), où s'est concentrée l'essentiel de l'artificialisation entre 2011 et 2021, principalement pour de l'habitat individuel, aggrave l'un des deux fronts, tandis que le logement collectif reste cantonné au bourg (voir notre article sur acserb78.org). Pris dans cet étau législatif, la tentation du rabais technique et paysager pour tenir les quotas est forte. Nous n'ignorons pas ces contraintes : nous demandons simplement qu'elles ne dictent plus, seules, les choix d'aménagement.
Des leviers que les élus détiennent
C'est précisément parce que ces obligations nationales sont pesantes que les arbitrages locaux comptent tant. À travers le Plan Local d'Urbanisme (PLU) et les cahiers des charges, la municipalité dispose de leviers réglementaires puissants pour aller au-delà des minima de la RE 2020 : exigence de matériaux à forte inertie, proscription du bac acier pour l'habitat, interdiction des revêtements ultra-sombres en cœur de bourg, conditionnement des permis à la sauvegarde des arbres remarquables, clôtures perméables à la biodiversité.
Anticiper la trajectoire climatique n'est pas un luxe : refuser de le faire pour céder à la facilité administrative, c'est choisir des économies d'aujourd'hui qui se paieront demain en souffrances humaines. L'ACSERB tend la main à la municipalité de Jouars-Pontchartrain : ensemble, appuyons-nous sur les associations environnementales du territoire pour bâtir une commune vivable. Ensemble, nous serons plus forts !
L'ACSERB — Association Chartripontaine de Sauvegarde de l'Environnement Rural et de la Biodiversité

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