Pontchartrain, 2035 : Récit d’une flânerie retrouvée
- acserb78
- il y a 12 minutes
- 6 min de lecture
Jean-Jacques Robert, l'un de nos membres du CA s'est prêté à l'exercice de la 'prospective sensible’. Dans ce récit, il déambule dans un village qui a su relever les défis de la mobilité, de l'écologie et du patrimoine. Ce texte n'est pas qu'un rêve : c'est une mise en récit poétique qui revisite de façon positive et imaginaire notre « Plaidoyer pour un Pontchartrain durable », vivant et préservé. Bonne promenade. |

Où le train s'arrête pour laisser place à la vie
Il y a longtemps que je ne suis venu à Pontchartrain où habitait ma grand-mère. Elle aimait
ce village en limite de la campagne et de la ville. On m’a dit qu’il y a eu beaucoup de
changement.
Dès la gare en effet je fus surpris, il y a une grande salle d’attente vitrée, confortable avec un café, un point de vente local, la crèche à côté et un point de livraison pour des commandes.
Il n’y a que 3 points semblables un à la gare, un à la mairie et un dans les hameaux pour
réduire les circuits de livreurs. A côté une salle permet d’entreposer des vélos de toutes
sortes, bâchés ou découverts car plusieurs pistes cyclables parcourent maintenant le pays et elles sont fréquentées. A l’extérieur une plateforme accueille des petits bus, certains
automatiques, ils font des boucles régulières en permanence dans le secteur. Celui de
Pontchartrain fait une grande boucle qui unit les communes de la plaine de Jouars : il relie
Villiers, Pontchartrain, Chennevières, Ergal, les Mousseaux, le Tremblay, Basoche, Mareil,
Neauphle le Vieux et retour à la gare dans les deux sens, on le surnomme le ‘’Vilain
circulaire’’ comme le cheval ajouté aux charrois pour monter la côte de Neauphle, il en passe toutes les demi-heures.
Le mail de la Cimbale, entre écorce et tablier
Comme je suis venu à vélo, j’emprunte la nouvelle piste qui suit la Mauldre, longe le parc du château jusqu’au terrain de sport et remonte la rue de la Cimbale devenu un beau mail planté. L’ancien collège accueille les ateliers municipaux, des ateliers associatifs et une cuisine centrale communale qui sert l’EHPAD, les écoles, le collège et l’aide aux anciens. Au-dessus sur l’ancienne friche un nouveau quartier entoure un espace libre ouvert avec une belle vue vers la colline de Neauphle le Château.
Des murs qui respirent et des jardins sans frontières
Les bâtiments qui longent le mail sont un peu massifs en pierre de pays et rappellent les
fermes rurales de la région. Ils ne sont pas très hauts et l’espace reste très lumineux. Les
cours intérieures sont en briques avec terrasses ou balcons ce qui les rend chaleureuses.
Un quadrillage de sentes relie ces cours, l’ensemble est très planté et il n’y a pas de
clôtures. Les voitures ont un réseau réduit et se garent dans un silo près des artisants.il y a
peu de voitures car les habitants de ce quartier ont accepté d’y habiter avec un seul
véhicule. A l’extérieur seul les familles avec de jeunes enfants, les handicapés et les
visiteurs peuvent se garer.
Les locaux des artisans ont été restructurés ou rénovés et forment un ensemble plus
cohérent et entretenu. Au-dessus, le jardin de l’Aubergade a été loti. C’est bien dommage,
ce côteau avec ses prairies à vaches donnait une note romantique et permettait de rompre la continuité urbaine de ce site dominant.
L’horizon retrouvé, de la plume à la terre
Aux Fontaines il y a une jolie place ouverte sur la route du Pontel par un ancien axe du château qui a été restitué et un autre vers le nouveau quartier. Il y a des commerces côté rue et un café côté place. C’est un lieu fréquenté proche des écoles et du nouveau collège qui domine le parc à la place des tennis.
Les écoles sont reconstruites le long de la rue de la Cimbale et libèrent l’espace central en
une succession de cours en gradin qui dégagent ainsi la vue depuis la place du foyer et le
Ha Ha.
Les axes principaux du nouveau quartier sont accompagnés d’alignement d’arbres qui se
prolongent selon les anciens tracés de Le Notre à travers le parc et pour certains dans la
plaine. L’un d’eux se poursuit jusqu’à la ferme Fanost aux Mousseaux.
Le parc est maintenant ouvert à certaines heures pour contrôler sa fréquentation. Il a été
restauré avec l’aide des étudiants de Versailles. Les massifs boisés ont retrouvé certains
alignements du tracé subsistant du 18eme siècle. D’autres parties dont les pièces d’eau ont été restaurées dans l’esprit du jardin Anglais de la Paiva. Les parties découvertes sont en prairies, en pâtures ou cultivées de plantes vivrières.
Une passerelle franchie l’autoroute et permet d’accéder aux chemins de la plaine. Ceux-ci
ont été replantés de haies vives et d’arbustes qui lacèrent la plaine de leurs tracés et
encadrent à l’Est de Jouars notamment, près des habitations, des pairies, de l’élevage ou
des cultures vivrières.
Au sud de la commune trop à l’écart, la Dauberie n’est plus constructible et se dépeuple. Au pied de Pontchartrain le long de la Nationale et du ru de Maurepas un étang a été créé là où devait exister un bassin d’épandage. Il permet de mieux réguler l’eau du ru, de servir aux agriculteurs et attire une faune importante. A côté le potager a été restauré, un agriculteur y habite et dispense des formations aux écoliers ou aux passionnés. On le visite en fin de semaine attiré par la qualité des productions, la reconstitution du rond d’eau alimenté par le ru de Bienval et de la magnifique serre de 70 mètres.
La production alimente la cuisine centrale ou est vendue sur le marché. Le long du ru un
ancien chemin est restauré et remonte jusqu’à la forêt de sainte Apolline. Il est très fréquenté par les habitants du bourg qui en font leur promenade jusqu’à la ferme d’Ite devenu centre de recherche et remonte par le parc du château sur le mail de la Cimbale.
Le souffle des places et l'éclat des rues claires
Le foyer a été agrandi d’une salle de cinéma et d’un vaste hall vitré donnant sur la place. Elle est minérale, pour accueillir diverses manifestations, bordée de plantations qui ne gênent pas la vue depuis le Ha Ha et complétée d’une vaste terrasse en bois surplombant les cours d’école. La vue y est très dégagée et la cafétéria du foyer y sert les promeneurs et les paresseux.
Les routes de Paris et du Pontel ont retrouvé leur caractère ancien. Elles ont été dépouillées
de tout le mobilier qui les encombrait à l’exception des arbres plus densément plantés et un
revêtement clair accueille chalands et passants.

Les nouveaux bâtiments reprennent le même alignement et une hauteur semblable à ceux de la place Foch. Leurs façades plates avec une surface de mur dominante continuent l’esprit des maisons anciennes avec parfois des variations modernes qui animent l’ensemble et prolongent le caractère de centralité jusqu’au carrefour des artisans.
Les rues principales qui descendent des quartiers hauts vers ces routes sont interdites au
stationnement. Une bande de roulement étroite marque la chaussée, les côtés de niveau
sont en gravillons lavés, et réservés prioritairement aux piétons. Parfois quelques
élargissements permettent des plantations, un banc, un arrêt pour les handicapés. Les
clôtures en aluminium ou en plastique sont interdites pour des raisons écologiques et la
végétalisation se développe, la commune prenant en charge la taille du côté rue.
Au pré des fontaines les clôtures végétales sont redevenues obligatoires comme à l’origine
et un plan de coloration des maisons est proposé afin d’égayer les façades ce qui a bien plu et me semble très réussi. Une partie de l’ancien hôpital a été refait et abrite une maison
médicale, un accueil pour les enfants placés dans l’ancienne RPA et la maison des aides
maternelles.
L’agora où les voix dessinent l’avenir
Après cette promenade de découverte bienheureuse il est temps pour moi de redescendre
en mairie, j’ai rendez-vous avec le Maire qui est jeune et apprécié pour participer à une
réunion tripartite, Elus, citoyens et spécialistes sur les futurs projets ou réflexions
communales. Ces réunions sont devenues une habitude et toujours très suivies à
Pontchartrain. Aujourd’hui le sujet concerne les habitants du château qui se plaignent d’être
éloignés des transports publics.


Bulletin d’adhésion à l’ACSERB
Grace à HelloAsso vous avez la possibilité d’un paiement en ligne sécurisé. HelloAsso est une association « Sociale et solidaire » qui propose ses services gratuitement aux associations adhérentes. L’ACSERB étant adhérente d’HelloAsso, vous pouvez régler en ligne le montant de l’adhésion à notre association. En contrepartie, HelloAsso propose de faire un don à leur propre association en sus de l’adhésion à l’ACSERB. Le montant du don est modulable et peut même être fixé à 0€ en cliquant simplement sur le bouton « Modifier » du formulaire.
Vous avez bien sûr la possibilité d'utiliser le bulletin d'adhésion classique en téléchargeant le formulaire papier (cliquer l'image ci-dessous) :





Commentaires