Le chemin du Champtier du Désert : préserver le vivant face aux réflexes du passé
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Le 15 août dernier, Emérance Bétis publiait un nouvel article sur l'histoire et l'avenir des chemins ruraux de Jouars-Pontchartrain, en s'appuyant sur des documents d'archives de 1888. Après s'être penchée sur une quinzaine de nos chemins ruraux, et notamment celui de la Vallée Crespin (un symbole fort des mutations de notre commune et de l'engagement de l'ACSERB), elle porte aujourd'hui « un autre regard sur le chemin du Champtier du Désert ».
Nous vous invitons vivement à lire sa contribution sur son blog Saut-de-Loup : https://sautdeloup.eklablog.com/2026/08/un-autre-regard-sur-le-chemin-du-champtier-du-desert.html.
Un siècle d'histoire, un refuge précieux pour le vivant
Reconnu parmi les chemins ruraux en 1888, le chemin du Champtier du Désert était autrefois conçu comme une « avenue » bordée d'arbres et de fossés. Lors de la création en urgence du barrage en 1986, le cours du ru d'Élancourt a été domestiqué et le cheminement piéton a été déplacé sur la digue du bassin.
Pendant ce temps, l'ancien tracé et son fossé ouest ont été abandonnés à la dynamique naturelle. En quarante ans, la végétation y a reconstitué une véritable trame verte. Contiguë à un boisement privé en contrefort de la forêt de Sainte-Apolline, cette zone abrite aujourd'hui de hauts arbres devenus le refuge d'espèces protégées, notamment le Murin de Daubenton, une chauve-souris vulnérable qui dépend de ce couvert forestier et de la proximité de l'eau.
A gauche, la digue en l'état actuel des travaux et avant l'installation des matelas reno. A droite, le piquet violet matérialise l'ancien tracé du chemin
À l'occasion des travaux de mise en conformité du barrage du Désert, la municipalité projette de « réhabiliter » l'ancien tracé du chemin.
Sur le terrain, le diagnostic est sans appel : cette réouverture imposerait l'abattage d'arbres matures à fort enjeu écologique. Une destruction d'autant plus incompréhensible qu'une alternative parfaitement fonctionnelle existe déjà : la maîtrise d'ouvrage a entériné le maintien du cheminement sur la digue, complété par un enherbement des matelas « Réno ».

En plus d'épargner les arbres, ce parcours panoramique offre des points de vue remarquables sur le bassin classé ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique), la roselière et la colline boisée. Pourquoi consacrer des deniers publics à rouvrir une voie inutile tout en dégradant la biodiversité locale ?
Photo de droite : Un enregistrement a été effectué à l'endroit même de l'ancien chemin, selon un protocole scientifique standardisé. Les résultats ont été soumis et validés par le « Museum d’histoire Naturelle » : présence de 17 espèces de chauves-souris, dont le Murin de Daubenton (espèce protégée)...
Rencontre du 11 août : la nécessaire prise de responsabilité de nos élus
Afin d'alerter concrètement sur les risques environnementaux de ce projet, la présidente de l'ACSERB a invité la Directrice Générale des Services (DGS) de la mairie à une visite sur le terrain, le mardi 11 août. Si nous la remercions pour sa présence et le temps accordé à cet échange, sa défense technique du chantier en cours témoigne d'une lecture très administrative, bien éloignée des réalités écologiques de ce secteur protégé. Face à cette approche purement procédurale, c'est aujourd'hui à nos élus municipaux de prendre pleinement leurs responsabilités, de venir constater la situation sur place et de se forger leur propre conviction politique.
Le bassin du Désert, révélateur de nos arbitrages locaux
Pour l'ACSERB, ce dossier dépasse le cadre d'un simple aménagement de chemin : il illustre les contradictions majeures auxquelles font face nos communes rurales. Entre des injonctions urbanistiques parfois contradictoires et la nécessité absolue de préserver nos îlots de fraîcheur et nos corridors écologiques, les arbitrages doivent désormais placer le vivant au centre des décisions.
Malheureusement (voir ci-dessous), Jouars-Pontchartrain continue d'accorder des permis de construire conduisant à des abattages d'arbres injustifiés, tout en exerçant un contrôle trop souvent insuffisant sur la conformité écologique des chantiers engagés.
Permis de construire et abattage d'arbres autorisé rue de la Richarderie
Les chemins ruraux sont les artères vivantes de notre territoire. L'ACSERB remercie chaleureusement Emérance Bétis pour son travail de mémoire et sa vigilance citoyenne, et demande fermement à l'équipe municipale de renoncer à l'abattage des arbres du Champtier du Désert au profit de la solution alternative sur la digue. A l'heure du dérèglement climatique, des canicules, des incendies, des futures inondations et de l'effondrement de la biodiversité, nos communes peuvent-elles encore aborder l'aménagement du territoire avec les réflexes du siècle dernier ?
👉 Pour approfondir l’histoire de nos chemins ruraux, découvrez les analyses d'Emérance Bétis : [Consulter l'article sur le blog d'Emérance Bétis]
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